Dans le troisième wagon deuxième classe

Acrylique, stylo et encre sur carton. 2010.
Acrylique, stylo et encre sur carton. 2010.hh

Sur la vitre écaillée deux bêtes se battaient. Des corps à corps se renversaient à la vitesse d’un train de banlieue. La chair enviée se perdait dans les arbres, les murs, les nuages et les candélabres que la vitre à chaque passage engloutissait. Les tripes en spasme. Le plastique décollé gigotait. Et le pincement, qui les resserrait, augmentait avec le désir que les morceaux de chair attrapés, mordus, griffés, léchés, aspirés lui donnaient mille et une teneur. Les essieux se sont faits entendre, il fallait ramasser le bout de plastique qui a lâché au dernier coup de frein se trouvant sur la cuisse, sur le reflet des dernières roulées. Il a fallu aussi oublier pour retrouver d’autres visions et une lucidité pour traverser la rue qui regarde le troisième wagon deuxième classe.

[cornescorchees­]

Dans le troisième wagon deuxième classe

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