Aimer avec Ibn Arabi

Quand elle a senti une main envelopper la sienne, elle s’est retournée, elle s’est vue allongée, elle a vu sa tête collée contre son épaule. Il était là, elle voyait son dos. La tranquillité que lui procura le charnu de ses doigts a réveillé le soupçon d’un sentiment venu d’ailleurs. Elle rêvait et il y avait avant ce songe une perception assez physique pour se détacher de l’image cadrée de son dos et insaisissable pour se laisser prendre par la mémoire comme les rêveries délicieuses que l’esprit retrouve dans ses errances éveillées. Plus étrange que ce contact est cette certitude soudaine qu’il l’aimait. Un sentiment agréable qu’elle pensait désormais retrouver dans son regard, dans les rares conversations qu’elle pouvait soutirer au destin qui a croisé leurs chemins et s’acharne à les séparer. Tous les doutes que la raison sème quand elle se fait une place dans ses pensées passionnées n’ont pu ébranler sa foi que cet amour inavouable venait aussi de lui et que ce contact a eu lieu entre les deux corps, quelque part. Une épiphanie.
Cette impression qu’elle n’a jamais pu réitérer consciemment n’était pas la seule et unique présence intempestive déroutante, travestie par le voile de la réalité. Son visage surgissait aussi quand sa lucidité diurne occupait sa tête dans quelques besognes. Une fois, elle est revenue sur ses pas croyant qu’il prenait une bière sur une terrasse de la rue Crescent. La terrasse était vide. Quand je me repose de son amour, il vient me chercher. Il pense à moi aussi fort. Il célèbre ce moment quand il a pris ma main pour me dire je suis avec toi, je suis en toi. Il célèbre cette épiphanie. Ibn Arabi m’a insufflé ces mots:

Sous l’effet de la langueur
Je me retrouvai en toi
Comme le point imaginaire

Un jour ce point imaginaire ira victorieux joindre nos vies

[cornescorchees­]

Aimer avec Ibn Arabi

2 réflexions sur “Aimer avec Ibn Arabi


  1. Je secoue mes mains pauvres,
    Il y a encore des plis qui s’accrochent,
    Et puis l’encre mauve,
    Des froissements d’ailes qui s’approchent.

    Un parachute innocent qui passe;
    Je sème à tout vent dit Mme Larousse,
    Occupant un bout d’espace,
    Aux graines de pissenlit, douces.

    Reviennent rêves de constellations,
    Je vois dans ma boule de cristal,
    Des étoiles brunes en gravitation,
    En dessins sur ta peau boréale.

    Le regard se pose en bonds,
    Dans les champs d’amandiers.
    Ton visage, qui tourne en rond.
    Dans la glace,il me faut l’étudier.

    Déjà, il prend toute la place,
    Et n’entends plus ce qu’il faut écrire,
    Au loin, les mots s’entassent,
    Quand traverse ton sourire.

    RC – 27 janv 2013

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