Ontologiquement sans commune mesure

Il attendait la réponse d’une personne à qui il n’a jamais posé de questions. Il pensait que son autre être, qui ne pouvant plus supporter sa substance allait à la recherche de celle de cette personne qui affilait les appétitions, lui, savait enclencher des paroles sans raisons. Mais cet être, désormais errant ne savait quoi faire sinon envoyer des signes édulcorants. Meurtri par la défaite, il restait en suspension. Il ne pouvait regagner son corps avant de lui rendre réponse, un « je te veux » fracassant murmuré entre quatre épaules et deux cous livrés à la déraison. Il restait entre les deux comme la lumière d’un astre disparu, désagrégé en mille cailloux insignifiants. L’être en question est ontologiquement incapable de s’identifier ni à l’un ni à l’autre, il est l’un et l’autre et un désir grandissant.[cornescorchees­]

tumblr_o1t5b7rxHs1qc3hxxo1_1280
Felix Hemme
Ontologiquement sans commune mesure

Il est un spectre nitescent

Il est toutes ces présences précieuses fugaces qui remplissent un creux existentiel, toutes ces présences intangibles qui fleurissent dans le vide de la déréliction. En tsunami il se retire pour déferler, prendre sur son passage les remparts de l’égo, noyer l’abîme de la désolation, de la douleur, de son absence par ses fantômes, un bran de sa voix, l’écho de son jolie cœur, les rumeurs confuses, tous ce qu’il laisse sur son passage. Tous ce qu’il engendre autour de lui s’éclipse et revient comme l’éclat du soleil de midi. Il est un spectre nitescent. Il est un nième coup d’eustache sur une corne écorchée.Il passe comme un mirage, il dure comme le rêve d’une nuit d’hiver. Il part et réapparaît mais ne quitte jamais le corps hanté. Il revient en exorciste et reprend avec lui un autre lambeau de l’esprit déchiré, tiraillé entre un amour orphelin et une incommensurable séparation. Repousser le temps de l’éloignement jusqu’au précipice de l’irréalité. Tourner le dos aux raisons factuelles, à leurs immondes conséquences, aux convenances. S’immerger par l’encens qui fume des articulations saillantes de ses phalanges comme un santal, comme un piège. Demeurer dans ses non-lieux pour ne pas s’abîmer par la distance, pour ne pas s’échouer sur les rivages du territoire deserté.[cornescorchees­]

tumblr_nwdjv7r0m61unkyb3o1_1280

Il est un spectre nitescent